L’épicerie du Père Martine

                                 

                           

C’est en 1952 que M et Mme MARTINE et leurs cinq filles ont repris l’épicerie d’Agea, ils arrivaient des Piards où M. MARTINE travaillait dans une tournerie qui fabriquait des manches de parapluie en bois sculptés et des moulins à poivre.

L’épicerie appartenait à M et Mme Auguste VUILLOD. Ceux-ci sont partis avec leurs huit enfants  reprendre une épicerie fine, rue Aristide Briand à Lons le Saunier en 1952.

Le commerce intéressait M. MARTINE au plus haut point. Il avait acquis un camion jaune et bleu et sillonnait les villages alentours dans un rayon de 20 km (de Dessia à Cernon). A cette époque les gens de la campagne ne se déplaçaient pas beaucoup. Les voitures étaient rares et les motos ne pouvaient pas transporter de grosses marchandises. Le seul rendez-vous mensuel était la foire d’Arinthod.

Mr MARTINE n’était pas le seul à parcourir la campagne, il y avait aussi « JANODY, les DOCKS LYONNAIS (BRIDE), MASSON, L’ECONOMIQUE (CASINO) ». Chacun avait son jour de tournée.

Les marchandises (riz, sucre, farine, lentilles etc…) arrivaient de la coopérative « EGE » de Macon en sac de 50 kg. Ensuite Mme Martine et ses filles conditionnaient les denrées dans des sacs en papier de 1 kg.

Le jeudi matin, Mr. MARTINE descendait se ravitailler au marché de Lons.le.Saunier pour les fruits et les légumes et en hiver le poisson. Il achetait le café aux « Cafés Roger ». De temps en temps il faisait des courses pour ceux qui lui demandaient et faisait aussi le taxi. Lors de ses tournées il ramassait Les œufs des fermes qui étaient vendus sur le marché.

Les habitants des villages trouvaient dans le camion un large choix de marchandises à savoir : épicerie, mercerie, laine, lessive, vin, fromages, fruits et légumes (pour ceux qui ne possédaient pas de jardin),  bouteille de gaz, pierre à sel pour le bétail, jerrican d’essence, souffre et beaucoup d’autres choses utiles. Certains clients payaient à la fin du mois. Les achats étaient notés sur un carnet.

Il était très convivial et novateur. A Agea, le téléphone public était installé vers l’épicerie. La famille avait la télévision, les voisins et les enfants venaient regarder « La piste aux Etoiles », les informations et aussi les petits feuilletons « Nicolas et Pimprenelle » etc…

Avec l’avancée du progrès, les voitures de plus en plus nombreuses et l’arrivée des supérettes à Arinthod mirent fin à l’épicerie et Mr MARTINE arrêta en 1974. Ce fut à cette période que les tournées des camions ambulants se sont arrêtés progressivement, mis à part les boulangers et les bouchers.

 Le temps de la retraite avait sonné. Mr MARTINE se consacra à ses plaisirs favoris, la pêche et surtout le bois sous toutes ses formes.

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